Les causes pour lesquelles cela vaut la peine de s’engager

Plaidoyer pour une société ouverte et diversifiée //

Essai par Daniel Röder, Joachim Sina et Karl-Burkhard Haus //

Votre liberté individuelle vous tient-elle à cœur ?

Pensez-vous que la dignité de chaque être humain est intouchable ?

Vous voulez participer, vous accordez une grande valeur à la participation démocratique, le pouvoir doit-il émaner du peuple ?

Peut-être êtes-vous homosexuel, que votre peau n’est pas blanche ou bien que – on va dire cela – vous avez des goûts extravagants ?

Les normes environnementales peuvent mettre un terme à la pollution croissante de la planète, selon vous, la diversité des espèces ne doit pas reculer, il faut stopper le changement climatique ?

Vous croyez que les différences de revenus constatés au sein de l’Union Européenne constituent la matière à de grand progrès sociaux, et c’est pourquoi vous aimeriez que les conditions de vie soient progressivement harmonisées ? L’évolution de l’ordre mondial vous préoccupe-t-elle ?

Réfléchissez à ces exemples et posez-vous la question suivante : comment souhaitez-vous vivre ? Ce sont précisément ces questions qui sont traitées lors des élections européennes, car il y a des candidats aux sièges de la seule institution démocratique officielle de l’UE qui défendent des idées autoritaristes, identitaires, sexistes, homophobes, xénophobes, nocives pour l’environnement et rétrogrades, et, malheureusement, selon les sondages, leur attitude de refus a de bonne chance d’avoir du succès. Cependant, le nombre de voix qu’ils vont recueillir doit rester le plus limité possible, car ils veulent supprimer le Parlement, et, en définitive, l’Union. C’est uniquement si davantage de gens modérés et raisonnables que lors des suffrages précédents se rendent aux urnes que le taux de progression des extrémistes restera faible. Les ennemis radicaux de l’UE vont certainement parvenir à mobiliser leurs adeptes aveuglés et trompés. Ne leur accordons pas ce triomphe, car l’opposition à la démocratie, à la diversité de pensée, à une société ouverte et diversifiée ne doit pas constituer un programme électoral permettant l’entrée au sein du Parlement Européen. Pour ces gens remplis de haine, un siège bleu serait trop bien !

Nous vivons en pleine globalisation – on peut trouver qu’il s’agit d’une menace, et on peut se faire du souci au sujet de l’effacement des particularités nationales. Mais l’Allemagne ne peut participer qu’au sein de l’Union Européenne. Le fait de s’entourer de murs ne protégera pas les groupes folkloriques, les gâteaux comme le « Dresdner Christstollen » ou les bouteilles de type « Bocksbeutel ». Les nombreuses normes européennes – souvent dénigrées – ont également pour but de préserver les particularités régionales. L’UE souhaite la diversité, c’est même son mot d’ordre : united in diversity. Dans de nombreux projets locaux, petits et grands, l’argent de Bruxelles est distribué ; c’est incroyable de constater le manque de gratitude des nationalistes obtus qui ignorent cela. Au lieu de cela, on attise des peurs diffuses, la crainte que la Pologne, l’Italie, la Hongrie ou l’Allemagne soient noyées, disparaissent, se diluent dans la masse. « C’est seulement ensemble que nous serons forts » n’est pas un lieu commun, mais une approche vitale.


A propos des Auteurs

Daniel Röder et Karl-Burkhard Haus sont co-fondateurs de Pulse of Europe, un mouvement citoyen créé en 2016 à l’échelle européenne. Joachim Sina est membre du conseil que préside actuellement M. Röder.